Sur le climat, Edouard Philippe phosphore (encore) pour 2027

L'équipe de campagne du candidat à la présidentielle a convié en février eune dizaine d'ONG pour parler décarbonation et nourrir son futur programme. POLITICO vous raconte.

Why the Hen Does Not Have Teeth Story Book

WHY THE HEN DOES NOT HAVE TEETH STORY BOOK

It’s an amazing story, composed out of imagination and rich with lessons. You’ll learn how to be morally upright, avoid immoral things, and understand how words can make or destroy peace and harmony.

Click the image to get your copy!

Why the Hen Does Not Have Teeth Story Book

WHY THE HEN DOES NOT HAVE TEETH STORY BOOK

It’s an amazing story, composed out of imagination and rich with lessons. You’ll learn how to be morally upright, avoid immoral things, and understand how words can make or destroy peace and harmony.

Click the image to get your copy!

Why the Hen Does Not Have Teeth Story Book

WHY THE HEN DOES NOT HAVE TEETH STORY BOOK

It’s an amazing story, composed out of imagination and rich with lessons. You’ll learn how to be morally upright, avoid immoral things, and understand how words can make or destroy peace and harmony.

Click the image to get your copy!

PARIS  — Enfin, l’horizon se dégage. Voilà plusieurs mois qu’Edouard Philippe sillonnait Le Havre, érigeant sa réélection au poste de maire en indispensable sésame pour ouvrir son chemin vers la présidentielle. Pendant ce temps, à Paris, en toute discrétion, son équipe préparait déjà 2027 en faisant mouliner différents groupes de travail.

Ce mardi 17 février au matin, au siège du parti, dans le très chic 16ème arrondissement de Paris, la députée Anne-Cécile Violland et Clément Tonon, haut fonctionnaire chargé du pôle Idées, recevaient une dizaine de personnes, des représentants d’ONG pour la plupart, pour parler climat. Elle pilote le groupe de travail sur l’environnement ; lui le projet du candidat.

Et ils rassemblent large : dans l’assemblée, ce matin-là, on trouve aussi bien une représentante de Nuances d’avenir, qui tisse sa toile à droite en parlant patrimoine ou agriculture, de Parlons climat, qui plonge dans les sondages pour éclairer ONG et politiques sur les moyens de convaincre, que le Réseau action climat, qui trouve à gauche les oreilles les plus attentives à ses arguments pro-énergies renouvelables — ou encore le WWF, qui avait déjà échangé avec Edouard Philippe “himself” quelques semaines plus tôt.

Cette matinée de travail, ouverte vers l’extérieur, est le premier rendez-vous du genre sur le climat — avec un focus sur la décarbonation et l’adaptation. Pour que chacun se sente libre de parler, la puissance invitante propose que ce qui se dit lors de cette réunion ne transpire pas.

POLITICO a échangé avec plusieurs participants sur le contenu de cette réunion censée rester secrète. Ils ont accepté d’en dévoiler les détails à la condition de rester anonymes — ce qui a poussé Clément Tonon à sortir à son tour du silence.

L’heure a été essentiellement à l’écoute — les ONG sont d’ailleurs venues faire du plaidoyer, comme elles le font avec d’autres partis.

Ce n’était pas encore le moment de révéler les pistes programmatiques “massives” que promet le candidat Edouard Philippe — sans que l’on ne sache si elles restent enfermées au coffre ou si elles sont encore à l’état d’ébauche. Premier ministre, ce dernier n’avait pas fait du climat une marotte. C’est le moins que l’on puisse dire.

Cette fois-ci, ses proches l’assurent : il ne se passe plus un discours sans qu’il  n’évoque le sujet. Tous ont en tête celui prononcé devant les jeunes de son parti, fin août à Saint-Maur-des-Fossés. “Je crois qu’il faut qu’on l’affirme avec force, oui, absolument : le sujet environnemental est central. (…) Il est central pour notre pays, il est central pour notre planète, il est central pour vous, il est central pour moi”, jurait micro à la main le candidat.

“Il ne veut pas avoir l’écologie honteuse, assure Clément Tonon, par ailleurs rapporteur général du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan. C’est un marqueur différenciant avec le reste de la droite. Il va assumer.”

“Réconcilier prospérité, souveraineté et écologie”

En attendant d’en dire plus sur le fond, le binôme Violland–Tonon a brossé ce jour-là le cadre général. Cap sur l’électrification, avec un passage appuyé sur l’utilité des voitures électriques et sur la décarbonation qui doit se concentrer là où elle a de “l’impact” — les philippistes raffolent de ce mot — comme le fret ferroviaire ou le verdissement des principaux bassins indsutriels. Oui, aussi, à une décentralisation des politiques environnementales.

Dans un contexte budgétaire contraint, les représentants d’Edouard Philippe ont prévenu : l’argent ne coulera pas à flot. Il faudra se serrer la ceinture et être inventif d’autant qu’Edouard Philippe a fait du sérieux budgétaire l’un de ses marqueurs.

“Faire des politiques climatiques, sans investissement, c’est compliqué”, analyse a posteriori une participante sceptique auprès de POLITICO. Elle regrette aussi que l’idée d’imposer des contraintes aux entreprises — essentielle selon elle — ne fasse pas partie “d’un référentiel très structuré chez Horizons”.

Clément Tonon a profité de cette réunion pour glisser un mot sur Abondance, le livre qu’Edouard Philippe a dévoré en anglais cet été. Un essai de deux journalistes américains, Ezra Klein et Derek Thompson, proches des démocrates, assurant que la gauche américaine doit tourner le dos à la décroissance et à nouveau promettre “plus”. En somme, politique de l’offre et politique environnementale seraient compatibles.

Abondance, c’est devenu “notre petit livre rouge”, sourit Clément Tonon. L’intérêt de cet opus, passé par le tamis d’Horizons, est d’expliquer comment “réconcilier prospérité, souveraineté et écologie”, un “triangle d’or” cher au candidat, dixit le jeune énarque.

“Ce n’était pas non plus la grand-messe de la croissance verte, vues les interventions autour de la table, nuance une autre participante. Je me serais attendue a quelque chose de plus tournée vers l’industrie et de plus techno-solutionniste”. Un autre salue, lui, des hôtes tout de même très “techno-compatibles”. Question de point de vue, sans doute.

À la revoyure

Le reste de la matinée a ressemblé à un tour de table où chaque organisation — aussi bien le Shift Project que T&E (anciennement Transport & Environnement) ou encore l’Institut de l’économie pour le climat — a défendu son agenda. Dans ce panel assez généraliste, la présence de l’ONG Carbon Gap et de l’Association française des émissions négatives (Afen) travaillant toutes deux sur les techniques (naturelles comme technologiques) d’élimination du CO2 n’est pas passée inaperçue. Pour elles, être invitées est déjà une petite victoire — et ils sont d’ailleurs les seuls à avoir accepté de parler à découvert.

Ce matin-là, Sylvain Delerce de Carbon Gap plaide, nous dit-il, pour qu’un futur gouvernement donne enfin un  “signal politique”  qui conférerait de la “crédibilité au secteur”.

“Si un candidat pouvait mettre le sujet sur la table, ça ferait avancer le débat”, complète Coline Roux, de l’Afen. Pour l’instant, “c’est un angle mort du secteur politique, il faut les entendre, ne pas les ostraciser à priori”, xplique Clément Tonon, alors qu’un doute existe sur l’efficacité des différentes techniques et que certains y voient un prétexte à l’inaction.  

Le temps a filé sans que le sujet de l’adaptation ait été épuisé. Il faudra une nouvelle réunion, fixée au 31 mars. Il devrait notamment y être question de financement. Avant de laisser tout le monde repartir Clément Tonon et Anne-Cécile Violland glissent qu’ils sont bien sûr disponibles pour des entretiens en “bilatéral”.

Plusieurs participants ressortent du siège d’Horizons avec la satisfaction d’avoir été écoutés.

L’un d’eux se dit que les thèses énergétiques du RN s’étant déjà répandues chez LR, Horizons est le parti où doit s’arrêter la propagation du feu climatosceptique.

“C’est un des partis les plus avancés à ce stade, avec des gens intéressés, mais que dira Edouard Philippe quand on entrera dans le dur des arbitrages ?”, se demande tout de même un présent.

“Il n’y a pas eu encore grand-chose à se mettre sous la dent comme propositions ‘massives’”, souligne un autre, impatient d’apercevoir la ligne d’Horizons.

Judith Chetrit a contribué à cet article.

What's Your Reaction?

like

dislike

love

funny

angry

sad

wow